Des chevaux de légende il y en a beaucoup et un petit peu partout dans le monde. Ils sont aimés, médiatisés, sur-médiatisés et après leur mort on en parle encore, et encore … On fait parfois des films qui racontent leur vie.

Beaucoup de chevaux de courses en Amérique ont vu leur histoire médiatisée. Certains de ces chevaux ont vécu très longtemps, d’autres sont morts dans des circonstances dramatiques (kidnaping  et meutre, accident en course, empoisonnement …)

Je vais vous raconter l’histoire d’une pouliche américaine, du moins, ce que j’ai retenu du film qui a été tourné sur sa vie.

Elle s’appellait  Ruffian  

Ruffian est une jument née le 17 avril 1972.
Elle est arrivée au centre d’entraînement (Laurel Hill Farm ) en novembre 1973, à l’âge d’1an et demi.
En avril 1974 elle fait ses premiers canters sur les pistes d’entraînement du Belmont Park de New York.
A l’Eposito’s bar d’Elmond se trouve le journaliste Bill Nack qui parle de son livre sur le cheval Secrétariat.

 22 mai 1974, <<<(lien clicable), six mois après son arrivée au centre d’entraînement alors qu’elle est âgée de 2 ans, elle fait sa première course qu’elle gagne très facilement avec  une dizaine de longueurs d’avance. A la fin de la course l’entraîneur Frank Whitely  sermonne le jockey qui a donné du stick à la jument alors que c’était inutile. 


27 juillet 1974, Sorority Stakes (Monmouth Park), <<<(lien clicable), Ruffian porte le n° 3. Elle gagne la course et son jockey donne un coup de stick, inutile, une fois de plus. L’entraîneur regarde les jambes de la jument. Aux écuries il demande de la lui emmener pour regarder de plus près. Il détecte quelque chose, la ramène au boxe et lui soigne l’antérieur droit avec des bandages mouillés pour le rafraîchir.
Bill Nack le journaliste est là et parle à l’entraîneur. Ils ne tombent pas d’accord sur l’entraînement des chevaux et l’amour qu’on peut leur porter.
Mais on commence à parler d’un autre cheval : Foolish Pleasure qui est également un champion comme l’est Ruffian. Et qui pourrait lui faire de l’ombre.

Le 23 août 1974, The Spinaway Stakes (Saratoga),  <<<(lien clicable), Frank Whitely son entraîneur semble inquiet en regardant les jambes de Ruffian. Il a une rude discussion avec le jockey qui l’a montée jusqu’ici.
On entend les spectateurs scander le nom de Ruffian qui devient une idole à leurs yeux.
Ruffian gagne très facilement la course sous la selle d’un autre jockey.
De retour aux écuries, Frank et le lad de Rufian la font brouter paisiblement.

The Hopeful Stakes, le jour après la course de Ruffian, Frank son entraîneur va voir la course de Foolish Pleasure,  qui gagne avec un record de vitesse incroyable. Le propriétaire du cheval commence à ironiser sur les possibilités qu’à Ruffian de se mesurer à son cheval.

Le 26 septembre 1974, The Frizette Stakes . En arrivant au box de Ruffian, son Lad s’aperçoit qu’elle n’a rien mangé. Il appelle Frank qui arrive de suite et fait sortir la jument pour qu’on la fasse marcher droit devant lui. Il lui tâte le postérieur droit et Ruffian se défend en hennissant. Elle a mal.
Elle ne peut pas courir dans cet état. Les radios révèlent un début de fêlure à deux endroits différents de son antérieur droit.
Que faire ? Beaucoup trop de gens viennent la voir en course, des sommes astronomiques sont jouées sur elle. Il y aurait une trop grande perte si elle ne court pas.
Le vétérinaire venu sur place soigne sa jambe par des bandelettes plâtrées, mais la jument ayant trop mal tape dans les parois de son box. Il est décidé de la mettre au repos.

Bill Nack vient demander de ses nouvelles et on lui répond qu’elle a un début de fracture.

Pendant ce temps la presse continue de parler d’une éventuelle confrontation entre les deux champions : Ruffian et Foolish Pleasure. La pression est mise et est très forte.
5 octobre 1974, Belmont Park, Foolish Pleasure gagne très facilement sa course. Son propriétaire, terriblement arrogant face aux journalistes crie que son cheval est le meilleur, qu’il a gagné les 6 courses qu’il a déjà couru.

Decembre 1974 Camden, South Carolina, le lad et Franck l’entraîneur soignent la jambe de Ruffian. Elle est docile car Frank lui parle. Il aime Ruffian, mais ne peut faire que l’aimer et la soigner. Il la fait marcher en liberté dans le manège et ils restent ainsi à marcher côte à côte, un lien très fort les unit. Mais il est inquiet pour elle.

Avril 1975. Après 7 mois d’absence, Ruffian reprend l’entraînement

14 avril 1975, Aqueduct, The Caltha Purse. , <<< (lien clicable), Ruffian est engagée. Elle porte le n°2 et gagne la course.  Frank surveille sa jambe avec beaucoup d’attention.

Ruffian et Foolish Pleasure continuent à faire leurs courses et à les gagner, chacun de leur côté.

Newsday  >>> le journal. Bill Nack à son bureau. On  parle de plus en plus de cette confrontation entre les deux champions. Le journaliste écrit son « papier » mais Frank l’entraîneur est furieux.
Belmont Park , durant une journée de courses. L’annonce de la confrontation entre les deux champions est officielle. La somme que l’un d’eux remportera est impressionnante. Des t-shirt sont distribués qui pour les fans de Ruffian, qui pour les fans de Foolish Pleasure.

Frank l’entraîneur et son jockey parlent dans les vestiaires de la prochaine course de Ruffian  mais Bill Nack est caché non loin de là et entend tout.

21 juin 1975, Club Oaks, (Belmont ) , <<< (lien clicable) . Ruffian qui porte le n°5 vole littéralement et gagne très facilement.

Frank l’entraîneur est convié à un entretien avec le propriétaire de Foolish Pleasure, ceux de Ruffian, des journalistes de la télévision qui couvrira l’événement entre les deux champions pour discuter du parcours de la course. Ils ne tombent pas d’accord.

Mardi 1er juillet 1975, cinq jours avant la course : Frank l’entraîneur et le jockey parlent entre eux de la préparation de celle-ci.

Jeudi 3 juillet 1975, trois jours avant la course : les divers journalistes assistent au dernier entraînement et préparent leur papier. La folie commence à gagner les gens, la pression monte et est fort grande.

Le journaliste Bill Nack semble moins ironisant et méprisant face à Ruffian. Samedi 5 juillet 1975. Le soir Frank, l’entraîneur est assis aux écuries et est pensif, inquiet.

Dimanche 6 juillet 1975, Belmont Park, <<< lien clicable), jour de la course. C’est la fête à l’hippodrome, près de 40.000 spectateurs se sont déplacés.  La foule est en liesse et l’ambiance monte.
Aux écuries, tout est calme. Le téléphone sonne pour annoncer au lad et à l’entraîneur qu’il est temps de sortir Ruffian du box pour la préparer et la présenter au public.
Frank porte la selle, il la prépare, lui détend les jambes pour bien placer la sangle. Son lad l’emmène au rond de présentation où le jockey est mit en selle.
Le speaker annonce l’entrée des deux chevaux sur la piste. Bill Nack qui voit l’entraîneur le salue et lui dit bonjour.

Les deux chevaux entrent en piste sous les applaudissements des 40.000 spectateurs.  Ils se dirigent vers les boîtes de départ et y rentrent.

Les boîtes s’ouvrent et les deux chevaux s’élancent sur la piste. Ruffian a une petite longueur d’avance, les deux chevaux sont côte à côte et se touchent presque, on entend leur souffle régulier  et les encouragements de tous les spectateurs.

Un envol d’oiseaux passe devant Ruffian et Foolish Pleasure puis … c’est le drame. L’antérieur droit de Ruffian plie et se brise.  Foolish Pleasure continue la course mais Ruffian hennit de douleur tout en titubant en diagonale vers la haie extérieure. Son jockey a du mal à la maîtriser mais il réussit à descendre et à la soutenir en attendant les secours qui arrivent.
Dans les tribunes c’est la stupéfaction.  On voit les propriétaires stupéfaits et horrifiés. Frank l’entraîneur a du mal à croire au drame qui se passe et court vers Ruffian. Bill Nack le suit mais ne voit pas arriver droit sur lui Foolish Pleasure qui termine sa course et fonce droit sur lui. Ils s’évitent de justesse.

Les hommes de piste arrivent avec le vétérinaire. Et le van ambulance. Ruffian est immaîtrisable, comme folle de douleur. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive.
Après lui avoir administré un calmant et positionné sa jambe dans une coquille on la porte dans le van ambulance pour la conduire à la clinique vétérinaire où elle est immédiatement conduite à la salle d’opération puis anesthésiée pour y être opérée.
L’entraîneur reste effondré et le vétérinaire vient lui parler.
Frank aime profondément Ruffian

Durant le transport vers la clinique vétérinaire qui est proche, son lad qui l’accompagne ne cesse de la caresser et de lui parler pour la calmer et la rassurer.

Des journalistes sont présents à la clinique et attendent des nouvelles. L’entraîneur de Ruffian, son lad et quelques proches se trouvent eux dans une pièce adjacente de la salle d’opération. Lorsque le vétérinaire en sort, il va parler aux journalistes pour leur dire simplement que l’opération s’est bien déroulée.

Ruffian commencent doucement à se réveiller de l’anesthésie. Frank son entraîneur se trouve à côté d’elle qui est couchée sur les tapis de la salle de réveil.  Ruffian croit toujours qu’elle est en course et commence à galoper avec ses antérieurs car elle veut terminer la course, mais elle panique car elle voit qu’elle ne se trouve pas à l’hippodrome et dans sa panique se casse l’autre jambe.
Le vétérinaire arrive en urgence et Frank qui a déjà « compris » va téléphoner aux propriétaires pour les réveiller et leur dire ce qu’il en est. Ils annoncent leur décision de l’euthanasier car ils ne veulent pas la voir souffrir. De plus, Ruffian ne pourrait pas survivre à une deuxième opération.

A 2h20 du matin, le 7 juillet 1975, Ruffian a cessé de vivre.

17 heures après sa mort, Ruffian sera enterrée au Belmont Park juste au niveau de la ligne d’arrivée, sa tête et son nez dirigés vers celle-ci.  L’entraineur Frank a voulu qu’elle soit recouverte de deux couvertures de très bonne qualité, de couleur rouge.